Mardi 22 Janvier 2019 - Sensations Normandie

Vanessa Paradis

Vanessa Paradis

Vanessa Paradis naît le 22 décembre 1972 à Saint-Maur-des-Fossés dans le Val-de-Marne. Dès l'âge de 4 ans, elle prend des cours de piano et de danse. Le 3 mai 1980, encouragée par son oncle et futur manager l'acteur Didier Pain, elle participe à sa première émission de télévision, L'Ecole des fans. Certes, la petite fille se révèle touchante dans son interprétation d'« Emilie Jolie » de Philippe Chatel, mais ces images seront utilisées par la suite à outrance, pour démontrer l'extraordinaire précocité de l'enfant. En 1985, elle participe à l'Eurovision des enfants, enregistrant pour l'occasion le 45-tours « La Magie des surprises parties ».

Mais Vanessa Paradis doit attendre deux ans pour percer auprès du grand public, avec « Joe le taxi », mambo-variétés plutôt original, écrit par Etienne Roda-Gil et Franck Langolff sort le 27 avril 1987. Il démarre une carrière fulgurante, avec un million d'exemplaires vendus en trois mois, se classe premier dans vingt-cinq pays et atteint même le Top 3 anglais ! Vanessa Paradis a quatorze ans et demi, un joli minois et une voix acidulée très identifiable. Elle apparaît comme la chanteuse ado propulsée star, à l'image de Sheila à l'époque des yé-yés. Elle réitère avec un deuxième 45-tours « Manolo, Manolete », hommage au célèbre toréador Manolete, mort à trente ans lors d'une corrida. Le titre a un succès plus modéré, se classant toutefois dans le Top 10 ; mais le thème de la chanson lui vaut critiques et sarcasmes.

De fait, sa notoriété soudaine, son allure de Lolita à la moue boudeuse, son répertoire moins consensuel que celui de sa dite rivale Elsa, la transforment en cible. Et Vanessa Paradis devient la victime d'un public qui l'insulte et l'agresse dans la rue. En janvier 1988, lors de la soirée des Trophées du Marché international du disque (MIDEM) à Cannes, sa prestation est même sifflée. Cette violence semble impensable au regard de la déférence presque excessive dont elle fait l'objet aujourd'hui. L'album M&J, sorti en 1988 ne reprend pas le titre polémique, mais Vanessa trouve tout de même le succès avec « Marilyn et John » et « Maxou ». Un phénomène paradoxal qui témoigne de son statut singulier dans la chanson.

Au mois de février 1990, Vanessa Paradis obtient la Victoire de la Musique de l'artiste interprète féminine, en pleurs, en présence de Serge Gainsbourg, à qui un hommage est rendu. Celui-ci voulait travailler avec la chanteuse, comme il l'avait fait pour d'autres chanteuses auparavant. La chanteuse est aux anges, qui écoutait ses disques depuis l'enfance. Gainsbourg le pudique, produit un écrin sur-mesure pour une Vanessa Paradis révélée ; il n'a jamais été autant inspiré depuis Baby Alone in Babylone (1983) de Jane Birkin. Variations sur le Même T'aime sort en mai 1990, avec des mots comme des joyaux car Gainsbourg a perçu ses blessures.

Grâce à cet album, la chanteuse gagne une crédibilité officielle face à la critique versatile et repentie. « Tandem » sur un clip de Jean-Baptiste Mondino fait toujours sensation (il reçoit d'ailleurs en 1991 la Victoire de la Musique pour le vidéo-clip de l'année), comme « Dis-lui toi que je t'aime », « La Vague à lames », etc. Cette période marque aussi le retour définitif de l'état de grâce pour Vanessa Paradis, qui devient même l'ambassadrice de Chanel pour le parfum Coco dans une publicité mémorable de Jean-Paul Goude (1991).

Lire la suite sur music-story.com