Vendredi 13 Décembre 2019 - Sensations Yvelines

Le pire n'est pas (toujours) certain - Cie ABC au Collectif 12

Le pire n'est pas (toujours) certain - Cie ABC, du jeudi 28 au samedi 30 novembre au Collectif 12 à Mantes-la-Jolie. Nous sommes dans un futur proche. Les migrations vers l’Europe se densifient.
Un chien fait la route des camps de réfugiés de Thessalonique à Bobigny, en passant par Calais. Sur son chemin, plusieurs histoires se tissent, la sienne et celles d’autres personnages : la Femme à la torche, l’Homme accroché au mât, l’Europe, la Fée Clochette, le Délégué européen aux affaires migratoires, Jumana, Nègre de feu, Waël, Désiré, Abdoukarim, le Jeune-Homme et quelques autres…
Pendant ce temps, un quartier entier d’une ville de la banlieue parisienne est le centre d’une résistance qui agit à travers toute l’Europe. En contact avec d’autres points de résistance sur le continent, les habitants de ce quartier construisent un réseau complexe de « passages » à travers les frontières.

Entre conte contemporain ironique et épopée tragique, le spectacle met en scène migrants, fonctionnaires européens, clandestins, passants exaspérés et citoyens engagés. Par bribes ils nous racontent les souterrains angoissants et les contradictions comiques de cette Europe criant la libre-circulation des hommes.

 

Metteure en scène, dessinatrice, initiatrice de projets réunissant de nombreux artistes, Catherine Boskowitz travaille en France, en Haïti, en Colombie, dans plusieurs pays d’Afrique et au Moyen-Orient. Elle voyage aussi en Europe. À l’intérieur de ce mouvement, de ces allers-retours, elle construit avec son équipe artistique un travail de création où le théâtre occupe une place essentielle.

Artiste associée à la MC93 de Bobigny pendant deux ans, elle y a écrit et préparé « Le pire n’est pas (toujours) certain », spectacle issu de choses vues, d’expérience vécues, et de nombreuses lectures. Parmi elles, « Frères Migrants » de Patrick Chamoiseau (Éditions du Seuil), dont la pièce s’inspire librement, et aussi le théâtre d’Armand Gatti, de Paul Claudel, les nouvelles d’Antonio Tabucchi, et les écrits d’Hannah Arendt. Les demandeurs d’asile du Foyer Oryema à Bobigny ainsi que les réfugiés rencontrés en Grèce et à travers toute l’Europe, certains devenus ses amis, l’ont aidée à imaginer cette histoire qui leur est dédiée.
 

© Bruce Milpied - Hans Lucas

 

Présentation du projet par Catherine Boskowitz

Le projet est né d’une expérience tout à fait personnelle.

J’ai passé plusieurs semaines à Thessalonique en Grèce, à l’accueil des réfugiés qui viennent du Moyen Orient.

À l’aller, j’avais pris le bus avec une amie metteure en scène comme moi, Leyla Rabih, de Dijon à Thessalonique en passant par Zagreb, Sarajevo, Pristina et Skopje. J’ai fait à ce moment-là, le chemin inverse du chemin de fuite des réfugiés. Lorsque je suis arrivée en Grèce, les frontières venaient d’être bloquées, notamment à Idoméni à la frontière macédonienne où un camp qui s’était créé spontanément venait d’être démantelé. Je suis donc arrivée puis restée à Thessalonique plusieurs semaines où j’ai travaillé avec des grecs et avec des réfugiés qui aidaient d’autres réfugiés…

Je suis passée de camps en camps, la plupart repris et gérés par des militaires. Et avec une association grecque basée à Thessalonique, je me suis chargée plus précisément de la distribution de vêtements et de nourriture. Pendant toutes ces semaines, je n’ai plus pensé au théâtre et j’ai lâché ma caméra, mon enregistreur… J’étais là-bas, j’aurais pu y rester longtemps. Je suis tout de même repartie, toujours de bus en bus, mais seule cette fois, en passant par Belgrade, Budapest et Vienne, où j’ai rencontré dans chacun de ces endroits, des groupes d’activistes qui œuvraient pour l’accueil aux réfugiés.

En rentrant à Paris, je ne savais plus faire du théâtre. Ou plus exactement, je ne savais plus si je pouvais continuer à en faire avec ce que j’avais dans la tête. J’ai alors été accueillie à Bobigny, en résidence à la MC93 et j’ai écrit une pièce : « Le pire n’est pas (toujours) certain ».

 


 

La Fabrique du Possible propose aux spectatrices et aux spectateurs d'enrichir leur regard sur cette représentation des « migrants » qui a envahi notre espace médiatique et politique.

Le travail de Catherine Boskowitz et de la Compagnie ABC, seront ainsi présentés et aprofondis au travers une série d'événements proposés autour de la création « Le pire n’est pas (toujours) certain » : vernissage de l’exposition Incognito Voyageurs, rencontre-débat Comment l’Europe ? en présence de Catherine Boskowitz, Aurélia Ivan (auteure du projet Aujourd’hui avec la compagnie Tsara, en représentation du 12 au 14 décembre au Collectif 12), la Ligue des Droits de l’Homme et invités, théâtre d’objet et vidéo, projection, représentation de la pièce Le pire n’est pas (toujours) certain, et rencontre avec l’équipe du spectacle.

Retrouvez le programme complet et les horaires de La Fabrique du Possible, vendredi 29 et samedi 30 novembre, sur ce LIEN

 


Distrubition, tarifs... Cliquez sur l'image ↓

Crédit photographie et visuel Catherine Boskowitz

Le pire n'est pas (toujours) certain
Jeudi 28 novembre à 20h00
Vendredi 29 novembre à 14h00
Samedi 30 novembre à 18h00

RÉSERVATION
Tél. : 01 30 33 22 65
Email : contact@collectif12.org

 

Collectif 12 à Mantes-la-Jolie
Friche A. Malraux
174 boulevard du Maréchal Juin - 78200 Mantes-la-Jolie