Vendredi 28 Janvier 2022 - Sensations Normandie Seine - Rouen

Jugé à Rouen pour des violences conjugales, un gendarme de Pavilly à moitié relaxé

Justice. Dénoncé par des collègues pour des violences conjugales, un gendarme de Pavilly a été relaxé pour un fait et condamné à un stage de sensibilisation pour un autre.

Ni ce gendarme ni son épouse ne savent ce qu’ils font dans la grande salle correctionnelle du tribunal judiciaire de Rouen ce 7 février 2020. L’homme, dénoncé par des collègues, est poursuivi pour des violences conjugales commises entre juillet et octobre 2019. Mais l’épouse disculpe son mari et ce dernier évoque la maîtrise nécessaire d’une personne psychologiquement fragile.

Le gendarme, 31 ans, a été mis en cause par des collègues. Ce n’est pas son épouse qui a déposé plainte. Le couple, avec des hauts et des bas depuis dix ans, décrit une « relation passionnelle ». En octobre dernier, la jeune femme se confie à une amie, elle aussi épouse de gendarme. Elle lui dit que son mari l’a frappée à plusieurs reprises. L’amie le répète à son mari qui lui-même le dit à son commandant de compagnie. « Je suis tendu après le travail », aurait dit le mis en cause à sa hiérarchie, qui lui confisque son arme de service quand il est de repos. Elle charge la brigade des recherches de démêler le vrai du faux dans cette histoire.

En deux jours, tous les témoins sont entendus. « Les actes qu’on me reproche n’ont jamais été volontaires. Je ne voulais pas lui faire de mal », dit d’une voix assuré le prévenu, qui regrette que certains « se soient mêlés de [s]es affaires ».

D’après des collègues, la jeune femme a détaillé à des connaissances des « clés de bras, le fait qu’elle a été traînée au sol, que le prévenu a jeté sa compagne dehors, que des cris et des sanglots ont été entendus, en au moins trois épisodes », précise la juridiction.

« Personne
n’a été témoin »

« Mais personne n’a été le témoin direct de ces violences alléguées », explique la défense qui plaide la relaxe.

Elle est en cela bien aidée par la « victime », qui se dit en proie à un « burn-out maternel », qui souffre de crises « d’hystérie ». « Lors de ces épisodes, je n’étais pas moi-même ».

Un soir d’août notamment, la jeune femme, après une nouvelle dispute, est sortie nue sous un peignoir au milieu de la caserne. « C’était inadapté, commente le mari, alors je l’ai maîtrisée, ramenée à l’appartement pour qu’elle se calme vu l’état de perdition psychologique dans lequel elle se trouvait .»

La version du couple, uni à la barre, ne convainc pas le procureur de la République qui requiert plusieurs mois de prison assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve. Le magistrat estime qu’à trois reprises au moins le gendarme a fait preuve de violence, que l’épouse l’a partiellement admis, que trois témoins ont entendu « au secours », qu’à la barre l’épouse est sous l’emprise de son mari.

un stage de sensibilisation

« Personne n’a rien constaté, les certificats médicaux ne témoignent d’aucune incapacité. Il ne s’agit absolument pas d’une femme battue. Et un gendarme, avec ses missions, les Gilets jaunes par exemple, il a aussi un quotidien à gérer, il peut s’emporter, crier un peu plus fort, comme tout le monde. La clé de bras ? C’est son réflexe professionnel pour maîtriser les personnes, pour se protéger et protéger l’autre. Un infirmier en psychiatrie aurait eu le même geste. Les fameux témoins ont exagéré la situation, n’en déplaise au procureur ».

Le couple espère qu’après la décision du tribunal judiciaire, il pourra déménager vers une autre gendarmerie et quitter ces témoins si prévenants. Vendredi, le gendarme a été condamné à un stage de sensibilisation pour les faits du 22 juillet 2019 qui ont été requalifiées en violences non-habituelles. Il a en revanche été relaxé pour les autres faits .