Jeudi 29 Octobre 2020 - Sensations Normandie Seine - Rouen

Le collectif unitaire Lubrizol appelle à une grande manifestation contre le risque industriel

Un après l’incendie qui a ravagé une partie de l’usine Lubrizol à Rouen, le collectif unitaire Lubrizol appelle à une grande manifestation le 26 septembre 2020.

Lundi 21 septembre, de nombreux automobilistes ont découvert que leurs communes avaient été rebaptisées dans la nuit. Des autocollants « ville polluée, commune de Lubrizol » ont en effet été apposés sur les panneaux d’entrée de ville d’une grande partie de la Métropole de Rouen.

L’opération, menée par le collectif unitaire Lubrizol qui regroupe syndicats, associations de victimes et défenseurs de l’environnement, donne le coup d’envoi de la semaine anniversaire de la catastrophe industrielle de Lubrizol. À cette occasion, ses membres espèrent sensibiliser un maximum d’habitants par des déambulations, des discussions sur les marchés et une réunion publique vendredi 25 septembre, à 18 h, à la friche Lucien, sur la place Carnot à Rouen.

« Nous sommes inquiets »

Point d’orgue de cette semaine d’actions : la manifestation de samedi dans Rouen sous le slogan « plus jamais ça ». Le départ se fera à 13 h 30 devant l’usine Lubrizol et s’achèvera vers 17 h, devant le palais de justice.

« Il y a de plus en plus d’accidents sur les sites industriels, notamment Seveso, dénonce Gérald Le Corre, porte-parole du collectif. Nous sommes inquiets. Nous attendions des mesures fortes de l’État. » Mais le représentant des associations dénonce un manque de propositions. « Même celles à minima ne vont pas être prises. » Au contraire, « ils simplifient la réglementation ». Le collectif réclame donc un débat public opposant les experts consultés par le gouvernement aux experts citoyens, « habitants, femmes allaitantes, médecins généralistes... » Il souhaite également la création d’un corps indépendant de contrôle des installations industrielles qui pourrait « écrire directement aux entreprises sans passer par la préfecture ou la Dreal ». Les associations attendent aussi des mesures fortes sur le plan pénal : « 4 000 € pour le mercaptan, c’est une incitation à recommencer ! »

Enfin, il espère un véritable suivi médical des populations touchées par la pollution engendrée par l’accident de Lubrizol : « Que soient enregistrés les cancers et malformations afin de corréler, ou pas, un éventuel accroissement des pathologies sur le territoire. »