Samedi 31 Octobre 2020 - Sensations Normandie

Yvette Lévy, rescapée du camp d’Auschwitz rencontre des lycéens au Mémorial de Cean

140 lycéens et apprentis normands ont rencontré, jeudi 12 Décembre, au Mémorial de Caen, Yvette Lévy, déportée au camp d’Auschwitz Birkenau.

Ces jeunes participeront à un voyage d’étude à Auschwitz en janvier prochain. Ginette Kolinka, déportée et rescapée d’Auschwitz Birkenau, les accompagnera.

La Région Normandie, en partenariat avec les autorités académiques, propose un dispositif pédagogique articulé à un voyage d’étude à Auschwitz organisé par le Mémorial de la Shoah

Ce voyage d’étude est le temps fort d’un dispositif d’éducation mémorielle initié en 2010 par la Région ex-Basse-Normandie. Tout au long de l’année scolaire, les jeunes sous la responsabilité de leurs enseignants mènent un projet pédagogique sur le thème de la Shoah. Ce programme est soutenu par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

 

Les sept classes sélectionnées parmi 16 candidatures sont les suivantes :

- Terminale CGEA et TCVA - CFA des Champs de Tracy (Vire)

- Terminale bac pro technique de vente - Cifac (Caen)

- 1ère et 2ème année CAP - LEA Robert Doisneau (St-Lô)

- Terminale métiers de la sécurité - Lycée St-François de Sales (Alençon) 

- 1ère BTISEC - Lycée Le Corbusier (St-Etienne du Rouvray)

- Terminale technologique production - Lycée agricole (Yvetot)

- Terminale littéraire - Lycée Guillaume le Conquérant (Lillebonne)

 

Chaque projet aboutit à l’élaboration d’une production (éditoriale, vidéo, audio…) en lien avec le voyage d’étude, les témoignages de rescapés... Ces productions seront présentées dans chaque établissement puis le 19 mai 2020 au Mémorial de Caen.

Dans la mesure du possible, les projets s’ancrent sur une recherche concernant l’histoire locale (anciens élèves de l’établissement déportés, personnes arrêtées dans la ville de l’établissement, parcours de justes…).

 

La Shoah (Source Mémorial de la Shoah)

Près de 6 millions de Juifs d’Europe ont été victimes de la Shoah. Plus d’un million d’entre eux ont été assassinés dans le seul camp d’Auschwitz-Birkenau.

Sur les 300 000 à 330 000 Juifs vivant en France Métropolitaine en 1940, on dénombre 80 000 victimes. 55 000 étaient des Juifs étrangers, 25 000 avaient la nationalité française. 3 000 sont morts dans les camps d’internement français. 1 000 ont été exécutés ou abattus sommairement en France. 76 000 dont environ 11 400 enfants, 2 000 de moins de 6 ans, ont été déportés. Seuls 2 500 ont survécu.

 

 

Eléments biographiques

  Yvette LEVY (née DREYFUSS) - Source : Cercle d’étude de la déportation et de la Shoah       -       Photo : D. Dufourmantelle

 

Yvette Lévy-Dreyfuss, jeune française juive, est entrée aux Éclaireurs Israélites de France en 1932, à l’âge de 6 ans. Elle habite à Paris puis à Noisy-le-Sec, au Nord-Est de Paris.

A partir de juin 1942, les Éclaireurs israélites passent dans la clandestinité après la grande rafle du « Vél’ d’hiv’ » des 16 et 17 juillet 1942. Une Sixième section est rajoutée au mouvement : c’est le Service Social des Jeunes dont le nom clandestin est la « Sixième ».

A 16 ans, Yvette, avec les responsables de la « Sixième », va participer au sauvetage d’enfants dont les parents ont été raflés. Sa première mission consiste à retourner dans les appartements après la rafle, pour y recueillir les enfants puis les transférer à « l’Orphelinat » rue Lamarck dans le 18ème, ancien hospice appartenant à la famille Rothschild et transformé en maison d’enfants de l’UGIF. Afin de les mettre en sécurité, il faut leur fabriquer des actes de baptême, des faux papiers d’identité afin d’obtenir des cartes d’alimentation et les soigner. Il faut aussi trouver des lieux d’accueil avant de les cacher en zone sud.

Au cours de l’année 1944, les risques d’arrestation et de dénonciation augmentant, il n’est plus possible de se déplacer avec les enfants car les laissez-passer ont été supprimés. Les plus âgées du groupe s’installent rue Copernic dans le 16ème, à deux pas du siège de la Gestapo rue Lauriston.

Après le bombardement de Noisy en avril 1944, la famille Dreyfuss revient s’installer à Paris et Yvette va dormir dans une maison d’enfants rue Vauquelin dans le 5ème où sont hébergées des orphelines âgées de 13 à 20 ans. Dans la nuit du 21 au 22 juillet, en représailles à des actes de résistance contre la division Das Reich appelée en renfort sur le front de Normandie, Brunner fait cerner toutes les maisons d’enfants.

Yvette et les 32 autres adolescentes de la rue Vauquelin sont emmenées à Drancy. Le 31 juillet, elles sont déportées à Birkenau par le dernier grand convoi parti de Bobigny. Sur les trente-trois jeunes femmes, vingt-trois sont envoyées à la chambre à gaz avec 976 personnes dont 300 enfants de moins de 18 ans. Seules Yvette et neuf de ses camarades sont rentrées de l’enfer des camps en mai 1945.