Samedi 23 Janvier 2021 - Sensations Normandie

Les animaux du refuge de la Mare Auzou à Mesnil-en-Ouche chouchoutés même confinés

Mesnil-en-Ouche. Même en cette période très compliquée, les soins aux animaux sont apportés avec la même attention, au refuge des animaux de la Mare Auzou.

Derrière les portes du refuge de la Fondation Brigitte Bardot de la Mare Auzou, à Mesnil-en-Ouche, plus de 1 500 animaux sont hébergés. Deux cent chiens, 550 chats, mais aussi des perroquets, des rats, des lapins, des cochons-dindes, des furets, des poules, des chèvres, des moutons, des poneys, des ânes, des chevaux, ou encore des cochons. « Seuls les chiens et les chats sont adoptables. Les autres, les animaux de la ferme par exemple, ont souvent échappé à la mort et finiront leurs jours chez nous. D’habitude, beaucoup sont tués bien avant de vieillir », précise Bruno Jacquelin, salarié de la fondation.

« Ils n’ont pas vu la différence »

Sans compter les pensionnaires qui trouvent que la maison n’est pas mauvaise : un certain nombre de chats errants se baladent un peu partout et des canards sauvages ont investi la mare.

Et pendant la crise sanitaire, l’équipe s’est organisée pour continuer les soins des pensionnaires comme si de rien n’était, tout en s’adaptant aux conditions particulières liées au Covid. De nouveaux réflexes qui n’ont en rien perturbé le quotidien des animaux. « Ils n’ont pas vu la différence ! Ils ont déjà l’habitude de l’odeur du désinfectant et ils se sont vite habitués au port du masque, car ils nous connaissent », souligne Jessica Langlois, responsable des soins au refuge.

Les masques sont obligatoires partout, du gel hydroalcoolique a été mis à disposition dans des endroits stratégiques, le refuge est fermé aux personnes extérieures, hormis pour les adoptions, qui ne se font que sur rendez-vous avec présentation de l’animal à l’extérieur, un planning d’alternance a été instauré et avec 8 ha, la soixantaine de salariés n’a aucun mal à respecter la distanciation sociale.

« On prend le plus grand soin de nos animaux. À la Mare Auzou, il n’y a pas de box, pas de cage et pas d’euthanasie. Tout est conçu pour le bien-être de nos protégés. Une soixantaine de chiens évoluent en liberté, ils vivent leur vie, se baladent dans les bureaux, l’été on leur met des piscines... Les animaux que nous recueillons ont souvent été abandonnés ou victimes de maltraitance. Certains ont un passé très dur. »

D’où l’extrême vigilance de l’association en ce qui concerne les adoptions, en particulier en période de confinement, où les demandes ont afflué, pas toujours pour les bonnes raisons. « Pendant le premier confinement, nous avons été dans la retenue et la prudence devant cette avalanche de demandes. Les familles devaient montrer patte blanche et apporter des gages pour prouver que l’animal serait heureux au long terme, car nous savions que certaines personnes voulaient un animal pour avoir une excuse pour sortir ou combler une solitude qui ne serait plus d’actualité avec une reprise d’activité », explique la soigneuse.

Contre l’abandon

Et si le refuge n’a pas connu de recrudescence d’abandons à cause du Covid, comme d’autres dans les régions voisines, il a tout de même récupéré des animaux de personnes malades ou décédés. « Nous avons également publié une campagne, cet été, face à la montée du nombre de personnes qui ne s’en sortent plus économiquement, pour rappeler qu’il y a toujours une solution plutôt que l’abandon. Un service d’aide peut être appelé à donner des financements, même si nous ne pouvons malheureusement pas répondre à toute la misère qui existe. »

Pour le moment, l’association, qui vit grâce à des dons et legs de particuliers, n’est pas inquiète quant à son avenir. « Nous avons même constaté une légère hausse des dons. Les gens sont plus généreux en temps de crise, et c’est tant mieux ! »