Samedi soir, le mythique Bal Blomet, à Paris, affichait complet avec près de 250 spectateurs venus revivre l'atmosphère raffinée et festive des Années folles à travers le spectacle inspiré de l'univers de Gatsby le Magnifique. Dans ce lieu chargé d'histoire, fondé en 1924 et considéré comme le plus ancien club de jazz d'Europe encore en activité, le public a vécu un véritable voyage dans le temps.

Mélissa Lesnie, avec pour l'accompagner, la danseuse de charleston et de claquettes Camille Schmoeker (photo, Candice Ragueneau).
Réhabilité et rouvert en 2017 sous son nom d'origine, le Bal Blomet conserve intacte son âme. Entre l'élégance du Montparnasse des années 1920 et l'ambiance feutrée des speakeasies new-yorkais, le décor semblait avoir été imaginé pour accueillir ce spectacle célébrant le centenaire du chef-d'œuvre de F. Scott Fitzgerald. Au cœur de cette soirée, la chanteuse australienne Melissa Lesnie a séduit l'auditoire par sa voix veloutée et son interprétation authentique des standards de l'époque. Référence incontournable du swing et du jazz vintage à Paris, l'artiste a donné vie à un répertoire évoquant les fêtes extravagantes du célèbre Jay Gatsby. Formée en musicologie au Conservatoire de Sydney avant de s'installer en France, Melissa Lesnie mène aujourd'hui une carrière internationale et se produit dans les plus grands clubs et festivals de jazz.
Pour l'accompagner, une équipe de musiciens passionnés et talentueux : Mathieu Meyer au piano, Pablo Lopez à la guitare et au banjo, Garry Nayah à la contrebasse, Hippolyte Fevre à la trompette, ainsi qu'un saxophoniste venu compléter la formation. La danseuse de charleston et de claquettes Camille Schmoeker a quant à elle apporté une dimension visuelle spectaculaire à la représentation, déclenchant à plusieurs reprises les applaudissements enthousiastes de la salle.
Le concert s'est ouvert avec l'entraînant "Sheik Of Araby", plongeant immédiatement les spectateurs dans l'ambiance du Jazz Age. Le programme a ensuite enchaîné les pépites du répertoire des années 1920 avec "I'm A Jazz Vampire", "Jealous", "Everything In America Is Ragtime" ou encore "I've Got A Crush On You". Les amateurs de jazz traditionnel ont particulièrement apprécié "A Good Man Is Hard To Find", tandis que les talents instrumentaux du groupe se sont pleinement exprimés lors de "Love Nest", mettant notamment en valeur le trio formé par Mathieu Meyer, Garry Nayah et Pablo Lopez. Le célèbre instrumental "Kitten on the Keys" a également offert un moment de virtuosité particulièrement remarqué. La soirée a alterné moments intimistes et séquences plus festives avec "I Ain't Got Nobody", "Too Busy", "Someday Sweetheart", "Ain't We Got Fun" et "Deep Night", démontrant toute la richesse du patrimoine musical de l'époque.
Les interventions chorégraphiques de Camille Schmoeker ont constitué l'un des temps forts du spectacle. Ses numéros de claquettes et de charleston sur "Shimmy Like Kate" puis sur l'incontournable "Puttin' On The Ritz" ont transporté le public au cœur des soirées mondaines des années folles. L'énergie communicative de la danseuse a suscité une véritable ferveur dans la salle. La fin du concert a pris des accents plus blues avec "Three O'Clock In The Morning" et "Nobody Knows You When You're Down And Out", avant une conclusion éclatante qui a valu aux artistes une longue ovation.
Véritable immersion dans une époque fascinante, le temps d'une soirée, le Bal Blomet est redevenu le théâtre des fêtes imaginées par Fitzgerald, où élégance, musique et insouciance se sont rencontrées pour le plus grand plaisir des 250 spectateurs présents. Elégant, vivant et authentique.
Tout le programme du Bal Blomet est à retrouver sur https://www.balblomet.fr/
Boris Blais