Jeudi 01 Décembre 2022 - Sensations Paris

Le Roi Lion, toujours à l'affiche à Mogador

Créée en 1997 à Broadway, l’époustouflante adaptation du Disney en comédie musicale est de retour à Paris depuis maintenant un an. Au théâtre Mogador, le triomphe est total et les séances se succèdent.

Des couleurs chatoyantes, une musique pénétrante, des décors incroyables : le grand retour du Roi Lion au Théâtre Mogador à Paris avait été ovationné il y a tout juste un an, en novembre 2021. 49 artistes, 11 musiciens, 80 techniciens, 200 masques, 200 marionnettes jouent tous les soirs cette comédie musicale, déjà jouée à Paris de 2007 à 2010 devant 1, 5 millions de spectateurs. Le spectacle aux 3 Molières en 2008 – meilleure comédie musicale, meilleurs costumes et meilleures lumières – a donc fait son grand retour dans la capitale. Rencontre avec les artistes de ce chef d’œuvre entièrement adapté en français.

Aucune bande son, 100 % live

Dominique Trottein, directeur musical : « Dans ce spectacle, l’orchestre joue des musiques aux origines très différentes. Les chansons d’Elton John, la musique sud-africaine avec ses racines, et la musique sous les textes, écrite par Hans Zimmer, crée un ensemble magnifique. Concrètement, c’est 10 musiciens en live : deux percussionnistes – des percussions africaines essentiellement – qui jouent dans le public, et huit musiciens en fosse. Je dirige les musiciens juste devant la scène : une petite caméra permet aux musiciens – qui sont dans la fosse, c’est à dire sous la scène – de suivre leur chef d’orchestre et de jouer au fil de l’histoire. Comme on ne voit pas les musiciens, et cela peut être frustrant, on pourrait penser qu’il y a une bande son, mais absolument pas : on joue 100 % live, il n’y a pas une seule voix pré-enregistrée. Tout est en direct. »

Olivier Breitman (Scar) : « Ce n’était absolument pas acquis que Stage Entertainment me reprendrait dans le rôle de Scar, que j’avais déjà assuré lors de la première version à Paris de 2007 à 2010. Chacun doit avoir sa chance, j’ai repassé des auditions, et la génération derrière pousse ! Pour incarner le personnage, j’ai commencé par regarder beaucoup le dessin animé, avec l’interprétation de Jérémy Irons, puis celle de Jean Piat qui est extraordinaire dans la version française. Je me suis alors intéressé à la version espagnole, puis allemande, puis japonaise… je me suis attardé sur les différentes facettes que les interprètes ont pu donner à ce personnage ».

Noah Ndema (Mufasa) : « J’incarne un père comme tous les pères .. Mufasa a envie de responsabiliser son fils, s’assurer que son fils évolue dans un espace en sécurité, et qu’il soit un jour un bon Roi, qu’il ait toutes les qualités qu’un Roi peut avoir. Je suis moi même père de 2 enfants, je sais ce que ça implique, et je pense que tous les pères se retrouvent dans ce rôle là. »

Gwendal Marimoutoun (Simba) : « Je suis né en 1995, le Roi Lion est sorti en 1994, donc c’est complètement ma génération… et c’est mon Disney préféré ! D’abord pour les tubes : d’habitude, dans un Disney, on retient une ou deux chansons, mais là c’est des tubes qui s’enchainent : Hakuna Matata, l’amour brille sous les étoiles, c’est l’histoire de la vie… C’est la première fois que je fais une reprise de rôle de quelque chose qui existe déjà, et forcément, une fois que j’avais les steps de danse, je me suis dit ‘ah ouais, c’est cool, maintenant que j’ai compris, peut-être que je peux faire le même pas à gauche, ou bien là puisque je chante, faire ce pas après’… mais impossible ! On doit suivre la création de Broadway. Et c’est ça le défi : il y a une vraie importance au théâtre, une vraie importance à la danse, une vraie importance au chant. Et en plus on joue des lions ! Donc il y a une théâtralité dans notre corps qui implique de la physicalité… et donc forcément, le chant qui doit suivre. »

Cylia Assahou (Nala) : « J’aurais jamais pensé pouvoir un jour jouer le rôle de Nala… On parle du Roi Lion ! Quand j’avais 10 ans j’étais folle du dessin animé. C’est ouf de jouer avec Timon et Pumba sur scène, de chanter Hakuna Matata… ! Le défi, c’est les masques ! Je suis arrivée un peu mode touriste, ‘ah c’est sur la tête en fait ? Je croyais que ça allait être sur mon visage’, mais pas du tout. C’est une vraie volonté de Julie Taymor : elle veut que derrière chaque marionnette, chaque masque, on voit la personne qui est derrière. Il y a tout un jeu de la tête, avec le masque, pour lui donner vie. C’est toute une technique ! C’est pas que des marionnettes, c’est pas que des masques qu’on pose sur une tête : c’est beaucoup plus profond comme spectacle. Et c’est tellement plus profond qu’un simple dessin animé pour enfants. »

Le Roi Lion est un spectacle 360 degrés ; la salle entière vibre et s’anime. Il ne faut pas trop en dire afin de ne pas dévoiler les nombreuses surprises du show. A découvrir à Paris, au Théâtre Mogador.

Reportage réalisé par Boris Blais. Photos : Candice Ragueneau.