Samedi 21 Mars 2026 - Sensations Yvelines

LE FIGUIER - Jeudi 16 avril 2026 - Collectif 12 à Mantes-la-Jolie

LE FIGUIER (Takia et Colette) en représentation le jeudi 16 avril 2026 au Collectif 12 à Mantes-la-Jolie. Conception, écriture et interprétation : Emmanuelle Jacquemard et Anissa Kaki. Production : Compagnie 411 Pierres.

C’est l’histoire d’une friche, d’un jardin ouvert à tous qui a en son centre un figuier, menacé de destruction par un projet immobilier.

Deux femmes se battent pour défendre ce bout de terre qui a pour elles une très grande importance : ici se sont rencontrées leurs grands-mères, Takia et Colette, qui ont noué jadis une amitié indéfectible autour de ce figuier.

Entre fable et auto-fiction, Emmanuelle Jacquemard et Anissa Kaki inventent une amitié rêvée entre leurs grands-mères, aux vies pourtant bien éloignées :

Takia, née en Algérie, est arrivée en France en 1968 et n’a jamais voulu parler français,
Colette a vécu entre la Côte-d’Azur et Paris, et n’a jamais envisagé d’apprendre l’arabe.

Libres et engagées, n’esquivant pas les blessures mémorielles, les préjugés et la barrière de la langue, Emmanuelle et Anissa nous entraînent dans un spectacle poétique et fédérateur : une réflexion joyeuse sur nos identités plurielles autant que sur la place de l’écologie dans les quartiers populaires, qu’elles ont nourri d’une année d’ateliers et de rencontres avec des collégiens et des habitants de Mantes-la-Jolie.

Distribution 

  • Texte, mise en scène et jeu : Anissa Kaki et Emmanuelle Jacquemard
  • Conseil dramaturgique : Karima El Kharraze
  • Collaboration artistique et direction d’actrices : Chloé Bonifay
  • Scénographie : Cerise Guyon
  • Création lumière : Aloïs Craft et Alexandra Vinson
  • Création sonore : Zoé Kammarti
  • Costumes : Françoise Léger
  • Regard chorégraphique : Lou Lenormand
  • Accompagnement à l’administration et à la production : Elvire Beugnot

PRODUCTION / Compagnie 411 Pierres 411pierres.com/

NOTE D'INTENTION

L’enjeu de ce spectacle est de proposer un double regard sur le monde qui nous entoure. Ce double regard vient de nos parcours personnels : Anissa, franco-algérienne, a grandi entre Nanterre et Sartrouville et s’est fait une place dans le milieu théâtral malgré le mépris de classe et le racisme qui peuvent parfois y régner. Emmanuelle, née à Poissy dans un milieu bourgeois, s’est éloignée du parcours tout tracé vers lequel ses études à Sciences Po Paris semblaient l’amener.

C’est du désir de raconter cette double réalité, qui nous a fait grandir à quelques kilomètres l’une de l’autre en expérimentant des contextes sociaux très différents, que le projet est né. Très vite, deux figures déterminantes de nos vies se sont imposées à nous : nos grands mères, Takia et Colette. Nées toutes les deux au début des années 30, Takia et Colette ont elles aussi passé une partie de leurs vies sur le même territoire, en Île-de-France, mais y ont vécu des vies très différentes. Née dans le désert de Biskra, en Algérie, Takia a rejoint son mari en France en 1968, s’est installée dans les bidonvilles de Nanterre, puis dans un HLM de Sartrouville. Elle a gagné sa vie en faisant des ménages, sans jamais vouloir parler français. Originaire de la Haute-Marne, Colette a rencontré à Paris son mari ingénieur lors de ses études d’enseignante en arts ménagers. Elle a eu trois enfants, est devenue femme au foyer et n’a jamais parlé l’arabe.

À force de nous parler mutuellement de nos grands-mères, une question a émergé : pourquoi nos grands-mères n’auraient-elles pas pu être amies comme nous le sommes ? Pourquoi n’auraient-elles jamais pu se rencontrer ? Cette question naïve est devenue obsédante. Alors nous avons choisi de prendre le contre-pied. Nous choisissons d’inventer un monde dans lequel nos grands-mères auraient pu être amies, et dans lequel nous serions les héritières de cette amitié. Ce monde, nous lui avons donné un nom : la Terre du Figuier.

Car notre désir, avec ce projet, est aussi de parler d’un territoire, ou plutôt d’un type de territoire : les quartiers populaires dans lesquels nous habitons et travaillons. Anissa a grandi à Nanterre, Emmanuelle habite aujourd’hui à Saint-Denis ; et nous menons de nombreux projets avec les habitants et habitantes des quartiers prioritaires des Yvelines ou de SeineSaint-Denis. Ces territoires, avec leurs décalages, leurs fractures, mais aussi leurs surprises et leur poésie, sont pour nous une source constante de réflexion, de remise en question et d’inspiration.

Au plateau, ces questionnements prennent la forme d’une fiction : une fiction dans laquelle nous prenons comme acquise une amitié rêvée entre nos grands-mères, passant outre la barrière de la langue et à rebours de tous les carcans sociologiques. Dans cette histoire, Takia et Colette se sont rencontrées autour d’un figuier centenaire, lors d’un rassemblement écoféministe dans un quartier populaire de Sartrouville. Elles sont devenues des figures de la Terre du Figuier, un espace de nature investi par les habitantes et habitants comme un lieu d’utopie collective.

Aujourd’hui, cet arbre est menacé de destruction par les mutations urbaines. C’est alors à nous, leurs petites-filles, de nous engager pour sauver ce figuier, symbole de cette amitié constitutive de notre identité... En passant par la fiction, nous mettons en valeur les failles du réel : quelles blessures mémorielles passées sous silence viennent hanter l’amitié entre Takia et Colette ?

Pourquoi les quartiers populaires se retrouvent-ils toujours cantonnés au même imaginaire ? Une histoire a-t-elle la même valeur quelque soit la personne qui la raconte, ou faut-il qu’elle corresponde aux récits dominants ? Sous les noms d’emprunt d’Émilie et de Lydia, nous tissons tous ces enjeux au sein d’un spectacle fédérateur, au croisement d’enjeux poétiques, écologiques et post-coloniaux.

 

LE FIGUIER
Jeudi 16 avril | 20h

COLLECTIF 12
Friche A. Malraux
174 boulevard du Maréchal Juin - 78200 Mantes-la-Jolie
01 30 33 22 65 | reservation@collectif12.org